Souccot parmi les Loubavitch

La ferveur joyeuse, Paris Octobre 2016

La fête de Souccot, traditionnellement la troisième fête de pèlerinage dans le judaïsme, s'étend sur plus d'une semaine en commémoration de l'exil du peuple Hébreu dans le désert égyptien. La tradition veut que des cabanes de branchages, les soukkas, soient construites afin d’y réciter des prières et d’y manger quotidiennement.

Il est également prescrit d’effectuer une procession particulière avec le loulav, un bouquet composé selon des exigences précises de quatre espèces de plantes - le fruit de cédrat, la palme de dattier, et des branches de saule et de myrte- utilisé lors des prières dans les soukkas et la synagogue. 

Mais dans les milieux urbains comme Paris, il est cependant difficile d’observer cette tradition. Aussi, la communauté hassidique Loubavitch, particulièrement observante de cette célébration, a installé des soukkas communes  dans les Beth Habad (les centres communautaires regroupant synagogues, crèches et écoles) et mis en place des cabanes montées sur des véhicules, se déplaçant partout dans la ville, permettant ainsi aux fidèles d’y dîner et prier. 

Très joyeuse, cette fête est particulièrement célébrée par la communauté juive orthodoxe Loubavitch, forte d’environ 40000 membres en France, dont la plupart sont regroupés à Paris et sa région. Durant plus d’une semaine, les journées sont ainsi partagées entre des moments de grande ferveur à travers des prières quotidiennes, et des instants de festivité partagés en famille.

 

Cette dualité entre joie et rigueur religieuse est particulièrement représentative du hassidisme, apparu au 18e siècle en Europe de l’Est, en réponse à un judaïsme traditionnel jugé trop académique et figé. Considéré dans un premier temp comme un judaïsme du coeur, de l'émotion, en insistant particulièrement sur une communion joyeuse avec Dieu- notamment à travers la danse ou le chant- les hassidim ont une approche très mystique de la religion, en y intégrant notamment les enseignements de la Kabbale.

Ils prônent cependant une démarche très intellectuelle, à travers une étude rigoureuse de la Torah et une pratique religieuse talmudique stricte et traditionnelle, répondant aux commandements de l'Halakha -la Loi juive- et un grand respect des traditions établies. 

Trouvant un essor sans précédent sous l'impulsion de Menachem Mendel Schneerson, septième et dernier Rebbe Loubavitch, décédé en 1994, et considéré par beaucoup comme le Messie, le mouvement Loubavitch est désormais l'une des branches principales du hassidisme contemporain.   

Le Beth Habad Haya Moucha de la Rue Petit autour duquel s’articule ce reportage, véritable épicentre de la communauté Loubavitch à Paris, a ainsi vécu durant une semaine au rythme de cette célébration. 

Ce reportage s’inscrit dans le cadre de mon projet au long cours The weight of silence, traitant des célébrations religieuses à Paris et sa région. 

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